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Les saints
n°146

Empire romain

Fin du Ier, début du IIe siècle

Ignace d’Antioche : successeur des apôtres et témoin de l’Évangile

Premier responsable de l’Église d’Antioche après la période apostolique, Ignace est arrêté sous l’empereur Trajan et emmené prisonnier à Rome, où il meurt en martyr entre 107 et 117. Durant son voyage, il écrit des lettres – nous en avons conservé sept – à différentes Églises, qui témoignent des fondements essentiels du christianisme, en particulier de la mort, de la résurrection et de la divinité de Jésus. Par sa vie, sa mort et ses enseignements, Ignace est un maillon clef de la chaîne de transmission qui atteste de la véracité du christianisme.

Le Martyre de saint Ignace d'Antioche, XVIIe siècle, Galerie Borghèse, Rome. / CC0/wikimedia
Le Martyre de saint Ignace d'Antioche, XVIIe siècle, Galerie Borghèse, Rome. / CC0/wikimedia

Les raisons d'y croire :

  • Les sources historiques dont nous disposons attestent qu’Ignace est le responsable de l’Église d’Antioche au début du IIe siècle (témoignages de Polycarpe de Smyrne, Irénée de Lyon, etc.).
  • Nous avons conservé de lui sept lettres, dans lesquelles il enseigne sans ambiguïté possible la mort, la résurrection et la divinité de Jésus. Ces lettres sont reconnues comme authentiques par tous les historiens, peu importent leurs convictions religieuses.
  • Cela signifie que les doctrines essentielles du christianisme ne sont pas des interprétations tardives ou de mauvaises compréhensions de l’enseignement apostolique, mais que la mort de Jésus, sa résurrection, sa divinité, ainsi que son œuvre de salut et toutes ses conséquences, étaient crues et enseignées par les chrétiens dès le début.
  • Saint Ignace d’Antioche a scellé son enseignement par son martyre à Rome sous le règne de l’empereur Trajan (probablement entre 107 et 117). Les doctrines qu’il enseigne ne sont donc pas des spéculations intellectuelles, mais des certitudes pour lesquelles il engage sa propre vie.
  • La résurrection de Jésus et sa divinité ne sont pas des opinions irrationnelles ou hypothétiques, mais se fondent sur le témoignage direct des apôtres, qu’Ignace a personnellement pu connaître.

Synthèse :

Ignace d’Antioche est le second responsable de l’Église de Syrie connu après les apôtres. D’après la tradition, il succède à Évodius, qui présidait l’Église d’Antioche à la fin de l’ère apostolique.

À la fin de sa vie, il est arrêté par les Romains et conduit à Rome, sous bonne escorte, où il meurt en martyr. L’année exacte de ce martyre n’est pas connue, mais nous savons que c’est sous l’empereur Trajan, qui a régné de 98 à 117. Les historiens penchent pour une date comprise entre 107 et 117. La date de sa naissance n’est pas non plus connue, mais il apparaît qu’au moment de sa mort, il est déjà un homme mûr, ce qui pourrait situer celle-ci entre l’an 40 et l’an 60. Il fait donc partie de la toute première génération de chrétiens après les apôtres.

Durant son voyage vers Rome, il écrit plusieurs lettres. Six sont adressées à des communautés chrétiennes (aux Éphésiens, aux Magnésiens, aux Tralliens, aux Romains, aux Philadelphiens et aux Smyrniotes), et une à un chrétien en particulier, Polycarpe, évêque de Smyrne. Ces lettres sont importantes, car elles attestent que les fondements du christianisme – la mort de Jésus, sa résurrection, sa divinité, l’œuvre de salut et toutes ses conséquences – étaient déjà bien crus et enseignés par les chrétiens de cette génération : « Soyez donc sourds quand on vous parle d’autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, né de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement crucifié, et est mort, au regard du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement ressuscité d’entre les morts. C’est son Père qui l’a ressuscité, et c’est lui aussi, le Père, qui à sa ressemblance nous ressuscitera en Jésus-Christ, nous qui croyons en lui, en dehors de qui nous n’avons pas la vie véritable » (Lettre aux Tralliens, IX).  

Ces doctrines essentielles ne sont donc pas des interprétations tardives ou de mauvaises compréhensions de l’enseignement apostolique, comme certains l’affirment. Ce point est d’autant plus important que ces lettres sont reconnues comme authentiques par tous les historiens actuels.

Par ailleurs, l’enseignement d’Ignace est confirmé – scellé, pouvons-nous dire – par sa vie et surtout par sa mort. Pour lui, ces doctrines ne sont pas juste des spéculations intellectuelles. Au contraire, ce sont des certitudes pour lesquelles il engage sa propre vie. Dans ses lettres, il insiste sur le fait qu’il est prêt à mourir pour le Christ, car cette mort lui apparaît comme un gain. Aux Romains, il demande de ne rien faire pour tenter de le délivrer. Lui-même présente son martyre comme une preuve de la véracité du christianisme (Lettre aux Tralliens, X).

Il faut savoir qu’à l’époque, le simple fait d’être chrétien pouvait conduire à la mort. Toutefois, les Romains ne demandaient pas grand-chose aux chrétiens pour les libérer et les laisser vivre. Il « suffisait » que ceux-ci acceptent de sacrifier aux divinités de l’Empire. Sans l’espérance de la résurrection, un tel marché aurait pu sembler très avantageux. Seule la certitude du salut éternel permettait aux chrétiens de refuser toute compromission avec l’idolâtrie, et de surmonter la peur de la mort et de la souffrance.

En effet, croyant à la résurrection de Jésus – qu’il annonce –, et de ceux qui mettent leur foi en lui, Ignace montre qu’il ne craint pas la mort. Cette certitude n’est cependant pas irrationnelle ou hypothétique, comme dans d’autres religions, mais se fonde sur le témoignage des apôtres, qui ont annoncé avoir rencontré Jésus ressuscité, et qui ont confirmé leur témoignage par leur martyre. La génération suivante, dont fait partie Ignace, reprend à son tour l’enseignement des apôtres et confirme celui-ci par son propre martyre. Le fait que les témoins ont accepté de mourir pour ce qu’ils ont dit avoir vu garantit que ce témoignage n’est pas un mensonge, qui aurait été véhiculé pour un gain quelconque.

David Vincent, doctorant en histoire des religions et anthropologie religieuse à l’École Pratique des Hautes Études.


Aller plus loin :

Ignace d’Antioche, Lettres, (traduction française de P.-Th. Camelot, O.P., Paris, Le Cerf, 1969).


En savoir plus :

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